Soie dans la Drôme
B1-L'industrie de la soie

L’industrie de la soie, dans la Drôme, emploie des milliers d’ouvriers; en 1856, 238 établissements comptent 9334 ouvriers (dont 3762 dans 84 filatures et 5572 dans 154 moulinages).

La sériciculture

Les plantations de mûriers apparaissent au 12e siècle et se développent  jusqu’au 19e siècle (5,2 millions de muriers en 1868). Au 19e siècle, 307 communes sur les 368 de la Drôme, pratiquent la sériciculture. Cette activité déclinera avec les maladies du ver à soie, l’importation des soies orientales et l’invention des fibres artificielles.

P4-1 - 1.jpgCueillette des feuilles de mûrier, Illustrations des travaux de Louis Pasteur sur les maladies des vers à soie, P. Lackerbauer, 1870, BNF

La filature

L’essor de la sériciculture dans la Drôme entraîne la création de nombreuses filatures de petite taille. Au départ artisanale et familiale, la filature devient industrielle avec la mécanisation.

La production de soie filée décline avec la maladie de la pébrine qui touche le ver à soie, les filatures disparaissent après la Première Guerre mondiale.

P4-1 - 2.jpgExpédition de graines de vers à soie, Maison Auguste Meynar de Valréas

Le moulinage

Seconde étape du travail de la soie après la filature, le moulinage est implanté sur la Drôme dès le 18e siècle. De nombreuses petites usines se créent au 19e siècle. En 1811, 46 usines emploient 778 ouvriers  et en 1885, 140 moulinages emploient plus de 6000 ouvriers. Le travail de la soie devient à cette période la première activité dans la Drôme.  Une partie du fil étant importé d’Asie, les moulinages résistent mieux à la crise qui touche la sériciculture et la filature.

bVue d’un atelier de moulinage d’une usine de soie MM. Boutet frères, Taulignan, carte postale de Pierrette Bline

Le tissage

Le tissage de la soie est faiblement implanté dans la Drôme, contrairement à l’Isère ou à Lyon. Il se pratique surtout en mélangeant la soie à la laine ou à la filoselle (bourre de soie). Cette production de « petites étoffes » se développe dès le 18e siècle. On compte sur la Drôme 1035 métiers mécaniques en 1894.